Mares et biodiversité associée

Une mare est définie comme une « étendue d’eau à renouvellement généralement limité, de taille variable et de faible profondeur ». De nombreuses espèces protégées à l’échelle nationale sont dépendantes de ces points d’eau de surface comme les amphibiens, les libellules ou les plantes aquatiques. Ces milieux sont également des points de ressource en eau pour l’abreuvement de nombreux mammifères ainsi que des zones de chasses privilégiées pour certaines espèces de chauves-souris. S’intéresser à ces milieux rares dans nos zones d’altitude permet de préserver un large cortège d’espèces qui est essentiel au bon fonctionnement des écosystèmes.

zoom sur une grenouille rousse
atelier pédagogique au bord d'une mare
zoom sur une libellule
À propos du projet :

Les mares sont des milieux rares dans les zones d'altitude et les protéger permet de préserver un large cortège d’espèces qui joue un rôle essentiel dans le maintien d’un bon équilibre écologique. Le projet, financé par le Fonds et porté par la CCVT, vise à protéger cet habitat et sa biodiversité associée. Le tout au travers d'actions ciblées de concertation, sensibilisation et gestion menées sur les sites Natura 2000 du territoire.

Date
Années 2024, 2025, 2026
Localisations
Chaine des Aravis - Massif de la Tournette - Plateau de Beauregard
Budget
28 000€ (sur 3 ans)
Axes
Action éducative - Action scientifique - Action sociale
Thématiques
Biodiversité
Partenaires
CCVT

Connaissances actuelles

Les mares du territoire sont encore assez méconnues. À ce jour, certaines mares sont identifiées pour leurs fonctions d’abreuvement dans certains alpages des Aravis ou parmi les zones de tourbières du Plateau de Beauregard. Mais aucun inventaire exhaustif n’a été mené sur l’ensemble des 3 sites.

mare à la Tête du Gréppon
atelier pédagogique au bord d'une mare
zoom sur une libellule
mare à la Tête du Gréppon
zoom sur une grenouille rousse

© S.Sottora et M.Krajcirovic

Récréer une mare forestière

Un premier projet, porté par un Contrat Natura 2000 avec la commune de Thônes, a été mené sur le Plateau de Beauregard en 2022. L’objectif est de recréer une mare forestière afin de réinstaurer un réseau de mares forestières fonctionnelles sur le site. Depuis 2021, un réseau de 6 mares a été réalisé par l’Office National des Forêts depuis 2021 au pied des Combes des Aravis (secteur de la Bombardellaz et de Tardevant). Des inventaires trimestriels sont poursuivis en collaboration entre l’animatrice Natura 2000 et le technicien forestier du secteur de la Clusaz. Le but de ces inventaires est de suivre le retour de la biodiversité́ et l’évolution des niveaux d’eaux dans ces secteurs.

Les co-partenaires sur le projet : Natura 2000 – Office National des Forêts – ASTERS – Conservatoire d’Espaces Naturels de Haute-Savoie.

zoom sur une grenouille dans une mare
illustration libellule opération Mares, ou êtes vous ?

Programme « Mare, où êtes-vous ? »

Le programme régional « Mare, où êtes-vous ? », est un observatoire qui permet à chacun (citoyens, collectivités, entreprises…) de participer à l’inventaire des réseaux de mares sur le périmètre de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Il a également recensé 12 mares sur l’ensemble des 3 sites Natura 2000 (mais ce chiffre n’est pas encore exhaustif). À ce jour, on compte 1107 mares sur l’ensemble du territoire régional.

Pourquoi agir pour la protection de ces habitats ?

Les mares abritent une biodiversité riche : flore, amphibiens, libellules… Elles sont présentes en grand nombre dans les milieux naturels et urbains. Si elles sont reliées entre elles par des éléments naturels favorables (chemins, haies, cordons boisés, ripisylve…), elles forment un réseau essentiel pour la circulation et la pérennité des espèces. Elles participent alors au maintien des continuités écologiques. Comme des éponges, les mares permettent, à leur échelle, de stocker l’eau et donc de prévenir les crues et les inondations. Elles restituent l’eau au milieu, en période de sécheresse. En milieu agricole, les mares peuvent également servir d’abreuvoir pour le bétail.

Au fil des décennies passées, beaucoup de mares ont perdu leurs usages : elles ne sont plus entretenues (et finissent par se combler naturellement) ou sont rebouchées. Ces écosystèmes sont également menacés par le changement climatique et de nombreuses espèces (crapauds, libellules, plantes aquatiques…) sont en danger à cause de la disparition de leur habitat.

Comment agir

pour préserver cette biodiversité ?

Les actions de connaissance à mener sur le territoire :

Une phase de synthèse de l’ensemble des données disponibles de présence de mare est un préalable essentiel pour constituer un inventaire exhaustif de la présence des mares sur l’ensemble de ces 3 sites Natura 2000. Cette première phase sera accompagnée de prospections de terrain dans le but de renforcer les connaissances sur certains secteurs.

Concernant le Massif de la Tournette : le site compte moins de 2% de ces surfaces en milieux humides et les données sont localisées en 5 secteurs géographiques distincts (pour les milieux ouverts d’alpages). Le travail à mener pour caractériser les zones humides du site permettra d’identifier les mares présentes sur ces milieux ouverts.

Il faudra ensuite caractériser les mares relevées selon un protocole standardisé (profondeurs, présence d’eau continue ou non, usages, origine naturelle ou artificielle…) Ce travail permettra de réaliser une première analyse des données afin d’identifier les connectivités entre ces différentes mares et le rôle de ces habitats pour la biodiversité.

Cette étude permettra enfin de sélectionner certaines mares pour réaliser des suivis parmi certaines espèces cibles (flore, amphibiens, libellules) ainsi que d’identifier les potentielles menaces qui pèsent sur ces habitats en s’inscrivant dans un temps long.

Les actions de concertation à mettre en oeuvre :

Le premier inventaire des mares sur l’ensemble des sites permettra également d’identifier plus précisément l’ensemble des acteurs concernés (propriétaires, alpagistes, gestionnaires forestiers…). Une fois les mares connues et caractérisées, une phase de concertation avec ces acteurs pourra être menée. Une identification des usages de ces mares sera réalisée pour ces acteurs et les pratiques seront adaptées si cela est besoin pour préserver la fonctionnalité́ de ces mares. Un travail complémentaire sera établi avec ces acteurs ou d’autres propriétaires volontaires afin de proposer des mesures de gestion, de restauration ou de création de mares complémentaires.

Cette phase de concertation sera complémentaire à des actions de sensibilisation à mener pour la préservation des mares et de la biodiversité associée. Des visites de mares, une participation à des inventaires de biodiversité ou bien à des travaux participatifs de restauration des habitats pourront être organisées avec des publics variés (habitants, familles et grand public, scolaires…).

Les actions de gestion à mener :

Des actions de gestion pourront être réalisées, comme la réalisation de chantiers participatifs pour restaurer des mares à enjeux ou la création de mares dans des endroits stratégiques. Elles auront pour objectif d’assurer la fonctionnalité d’un réseau de mares, à l’image des premiers projets menés en 2022. Si des propriétaires manifestent leur intérêt pour ces actions, elles pourront être réalisées en parallèle des actions de concertation dès l’automne 2025.

Vous souhaitez en savoir plus sur la Communauté de Commune des Vallées de Thônes ?

Le Fonds de Dotation Eugène et Marie Fournier soutient divers projets de biodiversité menés par la CCVT sur ses territoires classés Natura 2000. Découvrez la relation étroite qui lie ces 2 organisations haute-savoyardes, animées par la préservation des espaces naturels et de leurs habitants.